© Swimrun Côte Vermeille

Swimrun : 12,8 km de défi entre monts et Vermeille

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Samedi 19 juin, 9h29… nous sommes à quelques secondes du coup de sifflet de départ de « la courte » du Swimrun. Bonnets verts sur la tête, dossards de la même couleur. L’adrénaline commence à monter chez les compétiteurs. L’animateur de la course annonce le départ et commence le compte à rebours, le public se joint à lui… 5… 4 … 3 … 2 … 1…

Le Swimrun est une compétition née en Suède en 2006, sous le nom d’Ötillö (île en île). Il connecte des îles au large de Stockholm et la course se fait en binôme. Là-bas, à quelques latitudes du cercle arctique, l’itinéraire est long de 75km, dont 10 km de nage en mer. La température de l’eau avoisine les 15°C tandis que les vents balayent les participants.

Retour chez nous

Le Swimrun Côte Vermeille, lui, offre un tout autre décor. La course « Ultra », 63.3km / D+2.5km, traverse le site naturel marin du golfe du lion, 6 sites Natura 2000, une réserve naturelle marine, une aire marine éducative, des sites classés et inscrits au patrimoine historique.

La « courte », elle, nous fait découvrir 2 communes au bord de l’eau, sur 13km, dont 2 km de nages.

La veille du départ, ma coéquipière et moi nous rendons sur l’esplanade Charles Trenet à Argelès-sur-Mer, là où se terminera la course. Nous rencontrons les bénévoles, grand sourire, qui nous tendent notre sac de compétition. A l’intérieur, 2 bonnets verts, 2 dossards, 2 T-shirts officiels de la course, 2 étiquettes pour la consigne de nos effets personnels, et un bracelet connecté pour un tracking tout au long de la course.

C’est le grand jour !

Puis voilà arrivé le jour J, nous sommes le matin du départ, sur la plage des batteries à Collioure, 20 minutes avant le coup d’envoi. Nous en profitons pour prendre quelques photos car la course nous offre déjà un joli panorama sur les falaises alors que se dessine au loin le clocher de Collioure. De la musique électro nous motive, l’animateur annonce les conditions météo et rappelle les consignes de course.

Les participants commencent à affluer. Des gens autour de nous sont venus nous encourager. La concentration est à son comble. Un dernier contrôle de notre matériel :
Bonnet : OK
Combinaison : OK
Sifflet : OK
Dossard :  OK
Chaussures de trail : OK
Plaquettes pour les mains : OK
Lunettes de natation : OK
Longe : OK

Les sportifs s’échauffent, s’étirent, prennent la température de l’eau.
La ligne de départ est déroulée, des fumigènes commencent à bruler. Le décompte est lancé…

L’heure du grand bain

Nous voilà tous partis, tels des guerriers sur un champ de bataille, prêts à se jeter à l’eau.  En ligne de mire, une grosse bouée jaune, qu’il faudra atteindre et virer à gauche pour rejoindre Collioure. Mais avant ça : 800m de nage en mer. La scène est spectaculaire : 240 personnes à l’eau nagent dans la même direction. Ça crie, ça se motive, mais sous l’eau tout est inaudible.

Ma partenaire et moi-même essayons de ne pas nous perdre de vue. Avec lunettes et bonnets verts, tout le monde se ressemble. Nous avançons en crawl, un bras, puis l’autre. Le battement de nos pieds dans l’eau bat à l’unisson.  Nous ne perdons pas le cap. On inspire, puis on expire sous l’eau. Un bras. Puis l’autre. Nous distinguons les secouristes qui nous suivent, prêts à intervenir au cas où.

Nous arrivons à l’entrée de la plage de la Balette. Après 800m de nage, nos bouches sont desséchées par le sel. Mais ce n’est pas le moment de nous relâcher. La prochaine étape sera d’atteindre le Fort Saint Elme, qui culmine à 170m d’altitude et où un premier ravitaillement nous attend.

Avant de grimper, un bénévole nous invite à scanner notre bracelet sur une borne. Nous commençons l’ascension. L’étape se fait à travers les oliviers du moulin de la Cortina. On aperçoit dans notre viseur l’imposant Fort Saint Elme, dont les formes cylindriques et en étoile nous rappellent le style Vauban.
Nous voilà au sommet. Un barnum nous attend. Fruits, eau et jus ont été préparés par les bénévoles. Ces derniers nous encouragent une dernière fois.

La redescente vers le joyau de la Côte Vermeille se fait dans un panorama exceptionnel.
Se dessine devant la citadelle de Collioure, le chemin escarpé en haut des falaises du sentier du littoral, le petit hameau du Racou, et enfin l’arrivée à Argelès-mer, à une dizaine de kilomètres de là.
Arrivée à la plage du Faubourg, nous longeons le château royal de Collioure. C’est une forteresse de plus de 30 m qui se dresse à côté de nous.
La seconde mise à l’eau est tout aussi merveilleuse, car nous nageons à quelques mètres seulement du fameux clocher. A l’arrivée, nous voilà sur le second point de ravitaillement, qui nous rebooste pour la suite.

Nous sortons des ruelles fauvistes et entrons progressivement dans le sentier du littoral, un site incontournable si vous êtes sur le territoire d’Argelès.

Le petit fort Rodon sur notre droite, on bifurque en direction de la plage de l’Ouille. Une troisième baignade, courte, mais rafraîchissante, se fait à l’intérieur de l’anse. La course à pied reprend à l’embouchure du Ravanet, rivière que l’on remonte un demi-kilomètre avant de se diriger vers les vignes en terrasses, un peu plus dans les hauteurs.

Arrivée à Argelès-sur-Mer

La course arrive enfin à Argelès. Nous longeons le Camping pour dévaler sur les Criques de Porteils. En bas des falaises, nous nous jetons à l’eau sur une distance de 600m. Nous ne résistons pas à admirer la biodiversité sous-marine et les posidonies. Nous avons, l’instant d’une brasse, l’impression de voler.
Nous voilà arrivée au Racou, où un ravitaillement nous attend. L’organisation nous encourage une dernière fois et nous félicite pour le chemin parcouru. C’est la dernière pause avant l’arrivée !

Ne baissons pas les bras

Nous filons cap vers le nord. Nous courons devant les maisons pittoresques du Racou qui, comme nous, ont les pieds dans le sable. Les personnes venues profiter de la plage applaudissent les participants.
Après un court passage par la zone technique, les bâtiments du port se dessinent devant nous. L’itinéraire se fait le long des quais. Il est aux alentours de midi. Nombreux sont les vacanciers installés sur les terrasses des restaurants. L’odeur des cuisines arrive jusqu’à nous, mais ce n’est pas le moment de se laisser déconcentrer. Nous ne sommes qu’à un petit kilomètre de l’arrivée.
Après avoir enjambé la Massane via la petite passerelle, l’exposition du Festival Marenda nous transporte en Taïga, où les conditions météo là-bas rappellent celles de la Swimrun originelle.
Après cette courte évasion, le sable déjà à nos pieds : la dernière nage. La houle s’est levée. Mais il en faut plus pour nous décourager. On se lance. Plus que 300 m de tumultes et l’arrivée est à nous.

Dernière ligne droite !

Nous peinons à avancer, nous sommes à contre-courant. Mais le geste est bien rodé. Un bras, puis l’autre. Nous atteignons l’unique bouée et nous bifurquons droit vers l’arrivée. Les vagues nous transportent droit sur le rivage. Sur le sable, on commence à entendre la musique du village sportif, l’animateur qui nous aperçoit et le public qui nous acclame dans le rythme des battements de nos pieds dans l’eau.
On termine les derniers 100 m de course, l’arche d’arrivée est au-dessous de nos têtes, tandis que Sylvain & Olivier, les organisateurs félicitent chaque participant.
12.8 km de défi entre monts et merveilles.

Nous tenions à remercier l’ensemble de l’équipe organisatrice de la 6ᵉ édition du Swimrun, ainsi que tous les bénévoles et sauveteurs, présents tout au long de la course.

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